Ce DIMANCHE Sortie grotte de la Cocalière et défilé de Ruoms
(pique nique dimanche 20 mai)
7-9 avril 2012 / Pays Cathare - Carcassonne
Depuis le temps qu’on en rêvait.
Depuis le temps qu’on évoquait le Pays Cathare,
ce pays de pays, ses terroirs, ses citadelles royales.
Depuis le temps qu’on rêvait de Carcassonne’,
son Château Comtal, sa Cité médiévale,
forteresse de pierre qui trône sur sa butte
et domine ville basse et vignobles alentours. 
Depuis le temps qu’on rêvait de ‘Carca’,
de ses effrontés remparts inscrits
au patrimoine mondial de l'humanité par l’UNESCO.
Depuis si longtemps qu’on a fini par se décider:
« On va aller leur montrer nos chromes.
On verra après s’ils sont toujours aussi fiers ! ».
Tôt ce samedi 7 avril le soleil et la fraicheur sont de la partie.
Premier regroupement sur l’aire de repos de Milhaud
sur l’autoroute A9. Second sortie Béziers Ouest,
où le Director Charles et son épouse Liliane nous rejoignent,
et d’où on aperçoit au loin la cathédrale Saint-Nazaire, fierté des biterrois.
Dans le sillage de Charles on prend la direction de Carcassonne.
Mais avant, une étape pizzas généreuses s’impose chez Dédé,
à Puichéric, en Minervois.
Rejoint par Christian et Chantal, le groupe, enfin au complet,
y fête ses retrouvailles avec fortes embrassades et se promet du bon temps. 
A Carcassonne, comme promis, on colle nos dix destriers sous le nez des remparts.
Pas de réaction. Dame Carcas résiste bel et bien à nos sirènes de chrome
et se montre de pierre face à la mélodie de nos big twins.
On se fait une raison.
La promenade intramuros est amusante et instructive,
et permet de mesurer la dimension des fortifications
restaurées par l'architecte Eugène Viollet-le-Duc au XIXe siècle.
L’animation des rues appelle à la récréation.
Nous frottons fraternellement nos cuirs et casques aux armures
et cottes de mailles de cavaliers et écuyers,
et vadrouillons de fossés en rues étroites
tels de preux chevaliers remontant le temps.
Les mobil homes nous attendent à l’Auberge Le Cathare, à Belflou.
Mais chemin faisant nous marquons un arrêt au bord du canal du midi,
à hauteur de l’Ecluse de la Méditerranée.
Là nous visitons l'usine de Mas Saintes-Puelles, la poterie des frères Not,
qui perpétue la tradition ancestrale
et produit des poteries de jardin et des cassoles depuis 1830. 
Lorsque nous pénétrons dans l'atelier nous sommes envoûtés
par l'atmosphère qui y règne.
A la maigre lumière qui perce les vitres encrassées de terre et les toiles d'araignées,
nous observons le façonnage avec amour d’un pot, puis d’un vase,
au rythme du tour vissé sur le grincement des courroies.
Cette ancestrale façon a su garder ses odeurs de terre,
ses couleurs du pays, avec ses artisans qui, du tour jusqu'au four,
nous font approcher leur savoir-faire
et nous offrent le second voyage dans le temps de la journée.
Les semelles cochées de glaise
nous traînons sous une pluie fine qui nous escorte jusqu’au camping.
Un écrin de calme et de verdure, planqué au cœur de la campagne Lauragaise,
et où chacun investit son pied-à-terre.
Le ciel est bas, tutoyé par les arbres centenaires,
mais la majesté de ceux-ci et la chaleur de l’accueil de Monique,
la châtelaine du Plan d’eau de la Ganguise, relancent les sourires.
Jean-Jacques, le cousin belflonais du Director Charles nous rejoint.
Passionné d’histoire locale et amoureux de sa région,
il sera un averti et enrichissant guide les deux jours suivants.
L’apéro réchauffe tout le monde,
au point que revêtir les teeshirts surprise,
griffés de cette croisade en pays cathare, n’est que formalité.
Ainsi fuchsia monochrome, le groupe rejoint la salle à manger
du prieuré du XVIIe siècle où Monique
et sa famille ont préparé un repas gourmand digne
des Chevaliers de la table longue que nous sommes. 
Le meuble coupe en deux la salle que nous allons partager
avec une autre belle famille, saluée dès notre entrée.
L’ambiance est déjà festive et c’est tant mieux,
nous mêlons notre bonne humeur et notre gaité à celle déjà attablée.
Le divin poulet fermier du menu participe
à sa croustillante façon au succès de la soirée. 
Le lendemain, après un coup de chiffon, ou plutôt d’éponge,
sur les motos, nous partons tôt. En tête de gondole,
Charles, et sur son strapontin Jean-Jacques.
Deux jours durant, le second, motard en découverte,
ne cessera de torturer les poignées d’amour du premier,
sauf peut-être pour lui signifier
un changement de direction d’un index fugace et autoritaire.
Au programme une balade en direction de châteaux Cathares
et autres curiosités que Jean-Jacques se fait un plaisir de nous faire découvrir.
Notamment les ‘cinq fils de Carcassonne »,
ces cinq forteresses de vertige dressées au sud de la cité,
château de Termes, château d'Aguilar, château de Quéribus,
château de Peyrepertuse et château de Puilaurens,
dont les ruines subsistent encore,
qui défendaient le passage du Languedoc contre les Espagnols.
Les routes du Pays Cathare sont bourrées de charmes.
Elles oscillent entre vues imprenables,
étapes gourmandes et hauteurs historiques,
en proposant une visite au cœur de l’histoire des “bons hommes”. 
Jean-Jacques a compris le penchant des bikers pour les lacets
et les a choisies souvent sinueuses et étroites à souhait.
Le rêve pour ricocher d’un château à l’autre et illustrer ces batailles
ou sièges qui symbolisent la résistance opposée
par les seigneurs languedociens aux troupes de Simon de Monfort.
Sur le chemin du retour nous stoppons à Mirepoix,
bastide médiévale aux pieds des Pyrénées, faite de bois et de torchis.
Nous tombons sur une journée de fête sur la place centrale
où les maisons à colombages sur galeries de bois
constituent une galerie couverte parfois sculptée,
qui abrite échoppes et artisans.
Sur fond de Maison des Consuls et Place des Couverts le dépaysement est total,
le voyage dans le temps se poursuit. 
La pluie se rappelle à notre bon souvenir
mais pas au point de nous obliger à nous couvrir davantage.
Le bercail retrouvé et la pluie effacée comme la veille
d’un revers de main, c’est à une autre douche,
chaude et parfumée celle-là, que nous nous vouons.
Comblée déjà, l’amitié a tout de même droit à un verre levé,
puis c’est à nouveau la salle à manger du prieuré que nous retrouvons.
Mais ce soir, au menu, c’est cassoulet !
La légende place la naissance du cassoulet
durant la Guerre de Cent ans.
Elle raconte que, durant un siège de Castelnaudary par les anglais,
les habitants, menacés de famine, mirent en commun tout ce qu’ils avaient
pour nourrir les soldats de la ville. Lard, porcs, fèves, saucisses,
viandes furent mis à mijoter dans une grande jatte.
Revigorés par ce repas, les soldats chauriens boutèrent
les anglais hors du Lauragais et jusqu’au bord de la Manche !
Légende ou, pas les cassoles repartent nettoyées
et les bikers réintègrent leur chaumière sans croiser heureusement
le moindre rosbif à bouter d’un revers de manche.
Le ciel est aussi vide qu’une cassole léchée, les étoiles y brillent par leur absence,
et le sommeil, c’est assuré, sera enveloppé
de faits d’armes à la suspecte bande sonore...
Lundi. Malgré cette ultime menace,
le réveil ne s’en fait pas moins au chant d’un coq,
il est vrai, vacciné à la concurrence.
L’adieu à Monique et au Plan d’eau de la Ganguise
connait un épilogue photographique.
On se promet de revenir tutoyer
les Chevaliers de la Grande Confrérie du Cassoulet,
et chanter l’hymne des chauriens :
« Nous allons fêter le plat de la Monique
Plat tant aimé, de tout temps
Et le saucisson qui est si bon à l’étouffée,
va bien aussi au cassoulet ».
Rodolphe (Editor-Photographer)




ème visiteurDate de dernière mise à jour : 01/05/2012
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