Causses toujours, tu m'interesses ! - cévennes - mont aigual

12 et 13 juin 2011

Causses toujours, tu m’intéresses !


Une belle histoire que celle du Causse.

Une terre aride mais cultivée, parcourue par les hommes et les brebis,

offerte au vent et au soleil, aux hivers rudes mais aux étés secs et chauds.


Comme le paysage,

le cœur des bikers de l’Avignon Bridge Chapter

est en pente ce weekend de Pentecôtes.

Une pente tournée vers le site grandiose des Causses,

balafré par les gorges du Tarn et de la Jonte.

                                                     Roland et Michel se sont liés pour tracer un périple.

Plus la route sera longue, et plus l’espace et les heures

nous donneront le temps d’être ensemble.

Plus tu accélèreras moins fort, moins t'avanceras plus vite !

A toi de doser si tu veux reconnaitre la plaine du plateau.

C’est pourtant simple : dans la plaine les rivières coulent à fleur de sol.

Dans les plateaux les cours d’eau s’enfoncent

en vallées ou gorges profondes.

Tu vois le Tarn ? Tu vois la Jonte.

Tu ne connais pas ? Suis nous !

On est quatorze sur dix motos,

mais on démarre de Bagnols-sur-Cèze.

Allez comprendre...

Direction Alès, capitale des Cévennes.

Il fait un temps idéal pour rouler.

Le printemps sent l’été arriver et veut nous laisser le meilleur souvenir.

Première étape, Mialet, et plus précisément le Mas Soubeyran.

Un hameau cévenol typique qui abrite le Musée du Désert,

haut lieu de la résistance des protestants durant les XVIIe et XVIIIe siècles.

Une visite s’impose. Une photo aussi,

quand le Director Charles, à l’image du peintre Max Leenhardt,

donne ‘La prêche au Désert’ à ses propres ouailles de cuirs empatchés.

Puis c’est la corniche des Cévennes,

route de crête qui nous fera bientôt quitter la plaine pour le sud-Lozère,

mais dans un premier temps nous amène à Saint-Jean-du-Gard

pour piqueniquer un morceau.

L’ombragée place Carnot donnant sur le pont Vieux,

on va y déployer la bannière au dessus du Gardon. Photo. On la double.

Quand les dix motos démarrent, elles ruinent les siestes entamées.

Mais après tout, quand on débouche la Quézac,

ne fait-elle pas autant de bruit que la Salveta ?

Nos décibulles claquent sèchement dans les rues écrasées de soleil,

quatre gamins les escortent pour ne rien en perdre.

L’étape suivante est Sainte Enimie.

Village classé parmi les plus beaux de France,

blotti entre la causse Sauveterre au nord et la causse Mejean au sud.

Le nom de la commune vient de la légende de Sainte Énimie,

sœur de Dagobert 1er, princesse atteinte de la lèpre,

guérie grâce aux eaux de la source de la Burle.

Ordonnée abbesse, elle aurait fondé un monastère,

autour duquel le village s'est développé.

Le Tarn traverse la commune, surplombé par les faïsses,

ces terrasses inclinées où poussent des vignes,

des amandiers, des arbres fruitiers.

Timides Christo, emballés par l’idée du photographe,

nous déplions la banderole sur la grande arche du pont de pierre,

et entre deux sourires lorgnons vers le comptoir qui va nous désaltérer.

Une heure plus tard, plus étourdis par la chaleur

que par nos eaux gazeuses, on rate la seule station service des lieux,

ce qui obligera les Sporsters à faire demi-tour.

Peu importe pour ceux qui attendent, la vue sur Saint-Chely-du-Tarn,

son pont élégant et la chapelle de Cenaret, accélèrent le temps.

Regroupés enfin, on repart vers la Malène,

son petit castel à tourelles, et son hôtel Azureva,

devant lesquels on ne fait que passer.

Car avant est programmée une vertigineuse visite

au dessus des Baumes-Chaudes, au faîte de la Couronne.

Un plateau strié de drailles qu'empruntent bergers et troupeaux,

et où s'avance le Point-Sublime,

le prince de tous les belvédères du Causse.

C'est une sorte de promontoire qui domine le Tarn de 450 m

et commande un panorama d'une grandeur incomparable.

La vue embrasse les trois grandes merveilles du Canyon,

à savoir le défilé des Détroits,

le Cirque des Baumes et le Pas de Soucy.

La vue nous emballe et on le lui rend bien, photographiquement parlant.

On la double évidemment.

L’hôtel nous attend 'azurément', ses douches et sa table sont les bienvenus.

L’accueil est généreux,

le patron a vidé son propre garage pour abriter toutes les motos.

La cérémonie d’adoubement de Patrick et Françoise

sera un grand moment que le personnel de l’établissement ne voudra manquer.

Chevaliers du V-Twin, ils font leurs les commandements de l'ABC

et promettent de véhiculer les vertues du Biker.

Ils reçoivent ainsi officiellement les couleurs,

après avoir vidé toutefois, d'un trait à couper les virages,

la Coupe du Saint Chapter de son mystérieux breuvage,

dont on dit en secret qu'il mêle SP95 et Eau de Vie-Twin.

     Le dessert est offert par Roland qui souffle sur une forêt de bougies

dont les mauvaises langues diront

qu’elles coûtent plus cher que le gâteau d’anniversaire !

Il n’en restera toutefois pas la moindre miette

pour les mouches que chassent les bouchons.

Lundi de Pentecôtes.

Charles de l’ABC et ses apôtres poursuivent leur descente du Tarn.

Comme sur Hauterives, la veille, nous marquons une pause

face au village inaccessible de La Croze,

que seuls des fils "ascenseurs" relient à la vie.

Puis la route panoramique enchaîne Les Vignes,

accroché aux flancs du causse de Sauveterre,

le hameau de Saint Préjet avec son église au toit de lauze,

les ruines des châteaux de Dolan et Blanquefort,

et toujours face aux corniches du Causse Méjean,

juste avant que la Jonte ne vienne rejoindre le Tarn,

le Cirque de Saint Marcellin,

et ses falaises qui veillent sur l’ermitage éponyme.

La route, moins torturée, a retrouvé une confortable largeur

et rejoint calmement Le Rozier, village blotti sur le versant lozérien,

sur lequel veillent le rocher de Capluc et une chapelle romane.

Le village doit son origine et son nom

aux moines de l'Abbaye d'Aniane (Hérault)

venus créer un prieuré en 1075

et développant la culture de rosiers importés d'Italie.

On ne fait que s’y frotter, sans s’y piquer,

pour mieux s’engager plein Est, dans les gorges de la Jonte.

Une balafre façonnée par la rivière

qui prend sa source près du sommet du Mont Aigoual,

puis creuse un canyon de Meyrueis jusqu’au Rozier

où elle se jette dans le Tarn.

La route en balcon domine la rivière sur 21 km de pur bonheur motocycliste.

Intrigués par les aigles taillés dans nos cuirs,

quelques vautours tentent de rivaliser mais décrochent

avant Meyrueis où la Tour de l’Horloge sonne l’heure de l’arabica.

Une prise d’élan avant l'Abîme de Bramabiau,

un réseau de gorges spectaculaires formé par des millions d'années d'érosion.

Et le Mont Aigoual,

montagne capricieuse et si familière des batailles célestes,

qui abrite la dernière station météorologique de montagne de notre pays.

Laquelle nous parle de vents, du brouillard, de neige et de pluie,

quand justement les premières gouttes

d’une grosse dépression éclatent sur les motos.

On a juste le temps d’un coup d’œil

sur les pics voisins de la Fageolle et de Ferrège,

qu’il faut remettre le pique nique à plus tard.

Heureusement, les nuages oublient l’Esperou,

petit village en bord de Forêt du Suquet,

où l’on se refait une santé.

Nos 10 motos singent l’évènementielle transhumance locale,

ici de la montagne vers la plaine.

Quand, repus, nous reprenons la route direction

Le Vigan via le col du Minier, quelques nuages nous ont rattrapés.

Mais finalement les tenues pluie ne seront que précaution.

Nous retrouverons en effet le soleil dès les premiers panneaux indiquant Uzès

où nous en profiterons pour trinquer une dernière fois ensemble.

Des verres levés en hommage

au formidable travail des Road Captains Roland et Michel,

au succès de ces deux jours passés entre Tarn et Jonte,

à ce beau pays de lauzes et de pierres, de mystères et légendes,

de falaises et torrents, de lumière d'or qui pique les yeux.

                                

                                                                Rodolphe

                                                                                                                                             Photographer-Editor

 

 

 

 

 


 

Avignon Bridge Chapter

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