Vallon des Auffes

19 février 2012 / Vallon des Auffes 

Le bonheur tient parfois à si peu de choses

Bien sûr la nature est belle.

Il te suffit souvent d’ouvrir les yeux après avoir béquillé au bon endroit

pour en prendre plein les mirettes.val-des-auffes-19-02-12-photo-rodolphe-5.jpg

Tu verses alors dans l’extase devant un relief sublimé par une divine lumière,

tu te laisses attendrir par le bruit de l’eau, le chant des oiseaux,

le câlin d’une fraiche bise, pour te sentir aussi conquérant au guidon de ton Harley

que Di Caprio à la proue du Titanic.

Mais parfois la beauté des choses ne suffit pas.

Surtout quand tu as les crocs.

On peut alors te dresser le plus beau des décors pour envelopper ta bécane,

tu ne penses qu’à le planter, là, pour aller refaire le plein.val-des-auffes-19-02-12-photo-rodolphe-2.jpg

Mais le pire, le pire,

c’est quand tu sais que les chipirons de Jeannot, au Vallon des Auffes, sont au menu.

Alors là, ton estomac se tasse dans tes gadins, et tu ne penses plus à rien.

On en a vu en oublier de couper le contact de leur big twin.

Tu ne trouveras le répit que quand le premier chipiron

craquera sous ton coup de dents.

Le bonheur tient parfois à si peu de choses.val-des-auffes-19-02-12-photo-rodolphe-8.jpg

C’est donc sans se douter de tout ça

que nous avons pris la direction de Marseille

et de sa matrone gréco-byzantine ce dimanche de février.

Il faisait encore plutôt frais mais nous avions décidé d’aller

prendre une bouffée de l’air du large en même temps

qu’une bouchée de petits encornets passés à la poêle.

Pour la petite histoire, nous avons en fait tourné le dos au Palais des Saint-Pères,

pour nous diriger vers La Bonne Mère,

sur le fond sonore d’une petite quinzaine de silencieux singeant les orgues.val-des-auffes-19-02-12-photo-rodolphe-7.jpg

La reconnaissance d’une identité culturelle provençale

était sans doute le fil rouge du périple prévu par le Director Charles,

parce que nous avons enchainé quelques cités au riche passé.

Nous avons commencé ainsi par Saint-Andiol, ville de traditions

qui compte autant sur ses arènes, costumes, musique, danses,

et art de vivre, que sur sa chapelle Sainte Croix

et son église Saint Vincent fortifiée.val-des-auffes-19-02-12-photo-rodolphe-17.jpg

Saint Cannat, où une pause pipi, imposée en catastrophe,

nous a fixés le temps d’un chocolat chaud dans un café,

à deux pas toutefois de la chapelle historique qui donna son nom au village.

Puis Eguilles, son belvédère remarquable sur la campagne provençale,

et sa borne romaine qui situerait le village à mille milles romains de Rome.

Luynes et sa rivière homonyme qui la traverse.val-des-auffes-19-02-12-photo-rodolphe-16.jpg

Gardanne, l’unique village qu’ait peint Paul Cézanne.

A Gréasques, nous avons roulé sur le versant nord de la Chaîne de l'Etoile,

et fait face à la Montagne Sainte-Victoire.

A Peypin nous avons aperçu les ruines du Château

et son enceinte de remparts flanquée de 5 tours rondes.val-des-auffes-19-02-12-photo-rodolphe-6.jpg

Et à Allauch, dont on a frôlé le green,

on a compris qu’on était plus qu’à 12 km du centre de Marseille.

Marseille où, quand on est arrivé alors en ville,

personne n'a changé de trottoir.

Faut dire qu'on n’a pas l’air débile, qu'on ne fait pas peur à voir.val-des-auffes-19-02-12-photo-rodolphe-9.jpg

On a débarqué sagement par La Valentine, où le printemps installe ses quartiers.

Ce qui s'est confirmé en passant par la Castellane et ses grandes allées,

le Prado d’ordinaire réservé au plus grand marché de Marseille,

la Corniche JFK qui longe la mer sur laquelle

elle offre l'un de ses plus beaux paysages en balcon.

Partout des promeneurs, main dans la main, les mirettes sous teinte C,

le blouson piqué du doigt et quillé sur l’épaule.val-des-auffes-19-02-12-photo-rodolphe-4.jpg

Avant le Vallon des Auffes on a tempéré les gaz

pour profiter des baraques de pêcheurs,

des magnifiques villas du XIXe siècle, des plages...

Et puis d’un coup le vallon fut là,

village de poupées encastré sous la corniche Kennedy,

entre l'anse des Catalans et celle de Malmousque.val-des-auffes-19-02-12-photo-rodolphe-10.jpg

Un typique petit port de pêche méditerranéen, pittoresque,

qui tire son nom de l'auffe, sorte de graminée permettant

de fabriquer le cordage des navires, des nattes et des filets.

Le décor de cabanons de pêcheurs serrés les uns contre les autres,

les pointus, ces barques de pêche traditionnelles colorées,

en font une calanque dans la ville.val-des-auffes-19-02-12-photo-rodolphe-21.jpg

On a serpenté dans les petites rues

jusqu’à béquiller au bord de l’eau, devant la pizzeria de Jeannot.

Installés vite en terrasse on a pu confirmer

que le bonheur tient parfois à ce peu de choses,

que sur le moment on n’échangerait toutefois contre rien au monde.

En l’occurrence ces longs plateaux de chipirons

auxquels on pensait depuis le départ, et ces pizzas dont les marseillais disent

qu’elles sont les meilleures de la ville.val-des-auffes-19-02-12-photo-rodolphe-18.jpg

D’ailleurs les deux ont circulé de mains en mains,

aussi vite que nous avions nous-mêmes circulé pour venir vérifier sur place.

Entre deux services on a appris

qu’on pêche le petit calamar à la 'turlute',

un leurre hérissé d’une double couronne d’hameçons,

traîné de manière à imiter la nage de ses proies,

larves de crustacés ou autre petites crevettes.val-des-auffes-19-02-12-photo-rodolphe-15.jpg

Généralement, la sortie de l’eau du calamar piégé s’accompagne

d’un jet d’encre qui a pour effet secondaire de repeindre la coque du bateau !val-des-auffes-19-02-12-photo-rodolphe-13.jpg

La peau de ventre ainsi tendue, en quête peut être d’absolution,

on a décidé d’aller rendre hommage à la Bonne Mère.

Peu enclin à la pénitence toutefois,

on a gravi la majeure partie du piton de calcaire urgonien sur nos big twins,

mais pour sacrifier tout de même physiquement à l’accession finale.val-des-auffes-19-02-12-photo-rodolphe-19.jpg

Depuis les parvis et les abords de la basilique de la gardienne

et protectrice de la cité, on a découvert un magnifique panorama

sur la rade et la ville de Marseille.

On imagine que les motivations et les vœux des pèlerins

qui nous ont précédés là sont très divers.val-des-auffes-19-02-12-photo-rodolphe-20.jpg

Certains les ont inscrits dans un registre mis à leur disposition.

Un de ces épigraphes les résume parfaitement :

« Je viens d’abord pour la douceur et le réconfort

qu’on trouve aux pieds de la Sainte Vierge,

puis pour le régal des yeux qu’offre la basilique,

pour le panorama, pour l’air pur et l’espace, pour la sensation de liberté ».

Ne vous ai-je pas déjà dit que le bonheur tient parfois à peu de choses….

                                                                                              Rodolpheval-des-auffes-19-02-12-photo-rodolphe-1.jpg

 

Date de dernière mise à jour : 19/03/2012

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