LA SAINTE BAUME

16 décembre 2012

LA SAINTE BAUME

Après plus d’une semaine où les températures flirtaient avec le zéro,

où un mistral s’engouffrait avec ivresse dans notre vallée du Rhône,

parfois accompagné de gouttes d’eau glaciales qui givraient nos carcasses,

nous faisant douter de l’issue de notre sortie programmée, dès le samedi,

la clémence céleste nous ramena des journées printanières

et permit à notre groupe de l’ABC de nous envoler vers ce lieu mystique qu’est La Sainte Baume. ste-baume-112-12-by-charles-5.jpg

En ce jour la moto nous servit plus de moyen de liaison que de balade car celle ci fut pédestre.

Le massif de La Sainte Baume, à cheval entre les Bouches du Rhône

et le Var, constitue une entité montagneuse et forestière.

Ce sont 45 000 HA de forêt d’un seul tenant, représentant un ensemble très riche

sur le plan de la flore, de la faune, sans parler de la géologie,

d’une histoire et d’un passé remarquables.

Vers 11 heures, notre petite troupe de motards arriva

par un minuscule chemin au parking boueux de l’hôtellerie de La Sainte Baume

où Patrick et Françoise nous attendaient avec thé, café et petits gâteaux.

L’ambiance était très chaleureuse. ste-baume-112-12-by-charles-1.jpg

Nous apprîmes que cette hôtellerie, construite à la moitié du XIXe siècle

par le père Lacordaire, était une maison tenue par les sœurs

et frères dominicains en plein cœur de la Provence chrétienne.

Ils accueillaient des personnes individuelles, des couples, des familles

mais aussi des groupes tels que l’ABC. D’ailleurs une salle à l’abri

nous attendait pour notre pique nique de midi.

Sans tarder, chaussures de marche enfilées,

notre randonnée commençait à la découverte de cette forêt mystique.

Nous nous lançons sur le chemin des rois, itinéraire classique qu’empruntaient,

à partir de Nans les Pins, rois, reines, papes ou simples pèlerins

pour se rendre à La Sainte Baume, après s’être s’inclinés

sur la tombe de Marie Madelaine, à Saint Maximin.ste-baume-112-12-by-charles-2.jpg

Cette forêt mystique se situe au centre de la forêt,

elle même sur 150 HA, à une altitude moyenne de 750m.

Dès le départ, nous nous enfonçons sous un immense manteau

de végétation sombre et humide. Un microclimat règne en ces lieux.

L’odeur de l’humus, de la terre humide embaume l’air.

La mousse, les lichens recouvrent avec douceur les troncs d’arbres qui s’élancent,

ceux qui jonchent le sol et les grosses pierres sentinelles sur notre passage.

Sous nos pieds s’écrase et glisse un tapis de feuilles automnales humides.

La file de randonneurs s’étire, chacun à son rythme,

pour profiter de ce que nos yeux nous permettent de percevoir

et de ce que notre odorat nous permet d’humer.

Sous ce bois, se mêlent de beaux échantillons de la flore provençale tels que :

chênes, hêtres, ifs, buis multiséculaires. La taille des troncs,

l’envergure des arbres sont impressionnantes, leur port est vraiment majestueux.ste-baume-112-12-by-charles-3.jpg

En relevant la tête on peut voir scintiller le soleil à travers les branchages.

C’est beau, c’est frais, ça sent bon…

Je comprends pourquoi cette forêt, fait figure de relique

et soit vénérée depuis la plus haute antiquité. Elle est unique en Provence.

Arrivés au Trois Chênes, le chemin s’ouvre, clair,

toujours bordé de splendides et solides chênes, hêtres et ifs.

Le sentier monte insensiblement, les pas s’alourdissent, la montée s’accentue.

Le monastère se profile, la falaise vivante de ses sculptures s’impose.

Après avoir gravi les 150 marches en mémoire des 150 AVE du rosaire,

dans l’austérité de ce lieu épuré, la grotte nous accueille. ste-baume-112-12-by-charles-4.jpg

Nous avons traversé une forêt légendaire, un bois « sacré ».

Ce mot n’est pas écrit au hasard car depuis la nuit des temps cette montagne

a connu la vénération des peuples qui se sont succédés

depuis le Néolithique jusqu’à notre XXIe siècle.

L’histoire et la légende se confondent tant et si bien que de nos jours

il est difficile de faire la part du réel et de l’extraordinaire.

Plusieurs gardiens veillent sur cette forêt dont le chêne Merlin et le chêne Héracles…

Il y a 6000 ans le massif était connu comme le Gargare

(Garganos, héro celte, bon vivant).

La montagne était connue comme étant le lien mystique entre terre et ciel

car elle était souvent frappée par des éclairs et son alignement

Est-Ouest correspondait à la course du soleil.

Sa grotte représentait la Porte Nord des peuples indo européens

séparant notre monde de celui des âmes éternelles.ste-baume-112-12-by-charles-6.jpg

On raconte que « lors du siège de Massilia, les Légions de Jules César

n’osèrent y porter la hache qu’une fois que le consul

ait lui même montré que cette forêt sacrée ne se défendrait pas ».

Cette forêt hébergeait Artémis, déesse grecque de la chasse et de la lumière lunaire…

Les phocéens de Massilia devaient bientôt accueillir

une autre déesse, du moins fut elle aussi vénérée par la suite

et l’est encore de nos jours : Marie-Madelaine.

Selon la légende chrétienne,

après avoir quitté la Palestine à cause des persécutions,

rejoint les Saintes Maries de la mer et laissé son frère Lazare à Marseille,

Marie Madelaine poursuit son chemin en suivant le cours de l’Huveaune

et arrive à la grotte en l’an 47 où elle s’installe durant 30 ans avant d’y mourir.

Très vite de nombreux pèlerinages ont vu le jour

et se poursuivent encore de nos jours...

Ce n’est que vers 14h qu’on se retrouva à l’hôtellerie,

prêts à dévorer notre pique nique après un vin chaud « gaillardisant ». ste-baume-112-12-by-charles-7.jpg

Une salle sobre mais chaleureuse nous permit

dans une ambiance très bon enfant de nous restaurer.

Cette salle fut partagée avec un autre groupe mais attention pas plus de 30 personnes.

Pourquoi ?...nous ne savons pas tout !

C’est la limite pour ne pas manquer d’air dans la pièce !...

Même Hervé ne connaissait pas cette règle !...

Mais avec le sourire tout le monde s’y est plié.

Il est déjà 16h et le soleil brille encore

mais pas suffisamment de temps pour faire la balade motorisée prévue sur le chemin du retour.

A l’unisson nous décidâmes de reprendre l’autoroute.

Nous reviendrons mais sans faire de balade pédestre.

45 000 HA de forêt, des petites routes sinueuses, ombrages et soleil,

des spectacles naturels aussi variés, ne peuvent que nous engager

dans le plaisir de rouler sur nos bécanes non mystiques mais mythiques.

Lilianelogo-110-ans-1.jpg Dimanche 18 novembre

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